mercredi 6 mai 2009
There now, steady love, so few come and don't go. Will you won't you, be the one I'll always know?
Les mots sortaient du plus profond de mon corps, sans que je n’aie la force de les contrôler, plusieurs fois, ma voix a tremblé. Avec son regard grave, il a dit qu’un jour, je devrai trouver la force de me séparer de lui, sinon je passerai à côté de ma vie. J’ai retenu mes larmes et j’ai senti mon cœur se serrer à l’intérieur de ma poitrine.
Je suis toujours autant surprise quand on me demande si je suis amoureuse de lui tellement ça m’apparait comme l’Evidence. Quand il n’est pas là, le manque est tellement intense qu’il me dévore littéralement. Parfois, la douleur est physique, c’est une sensation étrange, j’ai l’impression qu’il me manque quelque chose pour être entière, tant il fait partie de moi.
Il est dans chacune de mes pensées, chacun de mes sourires, chacune de mes larmes et chacun de mes gestes. Mon psychiatre dit, quand il parle de nous, qu’à l’heure actuelle, ma vie s’arrêterait sans lui et à chaque fois, ça me fait frissonner, tant cette idée m’est difficilement supportable. Je n’imagine pas comment je pourrai vivre sans lui, pire, je sais que je n’y parviendrai pas. Je ne trouve pas de solution à ce problème, pas de substitut pour combler son absence.
Sans lui, plus rien n’a de sens, c’est tout mon être qui déraille tandis que je m’émerveille chaque jour devant tant de beauté et de grandeur d’âme. Je crois que bien souvent, ces cinq dernières années, il a sauvé ma vie et je voudrai pouvoir lui dire à quel point je lui en suis reconnaissante. Il a fait de mon existence quelque chose de plus doux et si je sens bien trop souvent le chaos et la violence de cette passion s’emparer de moi, ce n’est que pour mieux l’aimer.
vendredi 24 avril 2009
Et ne pas, quand viendra la vieillesse, découvrir que je n’avais pas vécu...
"Quel sera-t-il, mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la petite Antigone ? Quelles pauvretés faudra-t-il qu'elle fasse elle aussi, jour par jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? Dites, à qui devra-t-elle mentir, à qui sourire, à qui se vendre ? Qui devra-t-elle laisser mourir en détournant le regard ? [...] Non, je ne me tairai pas! Je veux savoir comment je m'y prendrai, moi aussi, pour être heureuse. Tout de suite, puisque c'est tout de suite qu'il faut choisir. Vous dites que c'est si beau la vie. Je veux savoir comment je m'y prendrai pour vivre. [...] Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur! Avec votre vie qu'il faut aimer coûte que coûte. On dirait des chiens qui lèchent tout ce qu'ils trouvent. Et cette petite chance pour tous les jours, si on n'est pas trop exigeant. Moi, je veux tout, tout de suite, - et que ce soit entier - ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite - ou mourir."
Antigone.
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